25. Fétis, François Joseph, Biographie universelle des musiciens. 1835. 8 vols. Second Edition, Paris, 1873. vol. 1.

[C]'est peut-ê tre à son séjour à Rome qu'il fut redevable de la delicieuse naïveté qui se fait remarquer dans toutes ses compositions. (...)

Boccherini a souvent exprimé en termes pleins d'enthousiasme le plaisir qu'il avait éprouvé de cette musique; vers la fin de sa vie, l'impression qu'il avait reçue ne s'était point encore affaiblie. Il est remarquable que le certain vague qui plait tant dans la musique de Palestrina n'est pas sans analogie avec celui qui caractérise les compositions de Boccherini. (...)

...[I]t is possible that it is to his sojourn in Rome that he owes that delicious naïveté which is noticeable in all his compositions. (...)

Boccherini often expressed in enthusiastic terms the pleasure which he had felt in this music [Palestrina]; to the end of his life, the impression which he had received of it was never to weaken. It is remarkable that that certain pleasing current in the music of Palestrina is not without analogy to that which characterizes the compositions of Boccherini. (...)

Fétis' comparisons of Boccherini to Palestrina come in the context of a crescendo of 19th-century Palestrina-worship that capped that composer's unique, not to say bizarre, critical history. In his article on Palestrina, Fétis praises the work around which much of the Palestrina-myth was constructed, the Missa Papae Marcelli, in the following terms– notable for their similarity to much of the Boccherini-criticism in preceding pages.

C'est une chose merveilleuse que de voir comment l'illustre compositeur a su donner à son ouvrage un caractère de douceur angélique par des traits d'harmonie large et simple...A l'égard de la facture, de la pureté de l'harmonie, de l'art de faire chanter toutes les parties d'une manière simple et naturelle, dans le medium de chaque genre de voix...tout cela, dis je, est au-dessus de nos éloges...

It is a marvellous thing to see how the illustrious composer has given his work a character of angelic sweetness by means of simple, broad turns of harmony...With regard to construction, to the purity of the harmony, to the art of making all the parts sing in a simple, natural manner, in the medium of each type of voice...all this, I say, is above our praise...

Fétis on Boccherini, continued:

Jamais compositeur n'eut, plus que Boccherini, le mérite de l'originalité; ses idées sont toutes individuelles, et ses ouvrages sont si remarquables, sous ce rapport, qu'on serait tenté de croire qu'il ne connaissait point d'autre musique que la sienne. La conduite, le plan de ses compositions, leur système de modulation, lui appartiennent en propre comme les idées mélodiques. Admirable par la manière dont il sait suspendre l'intérê t par les épisodes inattendus, c'est toujours par des phrases du caractère le plus simple qu'il produit l'effet le plus vif. Ses pensées toujours gracieuses, souvent mélancoliques, ont une charme inexprimable par leur naïveté. On a souvent reproché à Boccherini de manquer de force, d'énergie; cependant plusieurs de ses Quintetti sont empreints d'un caractère de passion véhémente. Son harmonie, quelquefois incorrecte, est féconde en effets piquants et inattendus. Il fait souvent l'usage de l'unisson, ce qui réduit parfois son quintetto à un simple duo; mais, dans ce cas, il tire parti de la différence des timbres avec une addresse merveilleuse, et ce qui serait un défaut chez un autre, devient chez lui la source de beautées qui lui sont propres. Ses adagios et ses menuets sont presque tous délicieux; ses finales seules ont vielli. Chose singulière! avec un mérite si remarquable, Boccherini n'est connu maintenant qu'en France. L'Allemande dédaigne sa simplicité naïve et l'opinion qu'en ont les artistes de ce pays se résume dans un mot prononcé par Spohr à Paris, dans une réunion musicale, où l'on venait d'exécuter quelques-un des quintetti du maître Italien. On demandait au célèbre violiniste et compositeur allemand ce qu'il en pensait: je pense, répondit-il, que cela ne mérite pas le nom de musique! Il est fâcheux que la manière de sentir se formule les idées chez les artistes, qu'un homme de mérite, passionné pour les transitions fréquents, soit arrivé au point de ne plus trouver de charme aux choses simples et naturelles; et, ce qui est bien plus triste encore, à devenir insensible au mérite de créations toute originales et individuelles. Heureux l'artiste qui sait certaines choses qu'on ignorait un siècle avant lui; mais malheureux cent fois celui dont le savoir se transforme en habitudes, e qui ne comprend que ce qu'on fait de son temps. L'art est immense; gardons-nous de le circonscrire dans une forme et dans une époque.

Never was there a composer, more than Boccherini, who had the merit of originality; his ideas are all individual, and his works so remarkable in every respect, that one is tempted to believe that he knew no other music than his own. The management, the plan of his compositions, their system of modulation, are as peculiar to him as their melodic ideas. Admirable for the way he knows of interrupting the attention by unexpected episodes, it is always through phrases of the simplest character that he produces the liveliest effect. His ideas, always graceful, often melancholy, possess an inexpressible charm through their naivety. Boccherini has often been reproached with lacking force or energy; nevertheless many of his Quintets are imprinted with a character of vehement passion. His harmony, sometimes incorrect, is rich in piquant and unexpected effects. He makes frequent use of the unison, by which he reduces his quintet at times to a simple duo; but, in such cases, he makes the best of the difference of timbres with marvellous ingenuity, and what would be a defect in another becomes with him the source of beauties proper to him. His adagios and minuets are nearly all delicious; only his finales are outmoded. But what a singular thing! With such remarkable merit, Boccherini is not known now save in France. Germany disdains his naive simplicity, and the opinion of him held by the artists of that land may be summarized in these words said by Spohr in Paris, during a musical reunion, where some of the Italian master's quintets had just been played. When the celebrated German violinist and composer was asked what he thought, he answered "I think that this does not deserve to be called music!"

It is unfortunate that among artists the manner of hearing shapes itself as do ideas, and that a man of merit, in love with frequent transitions, should arrive at the point of no longer finding charm in simple and natural things; and, even sadder, becoming insensible to the merit of truly original and individual creations. Happy the artist who knows certain things that were unknown a century before him; but a hundred times unhappy the one whose knowledge has been transformed into habits, and who understands only those things which are a product of his own time. Art is immense; let us avoid circumscribing it within one form or one epoch.