17. Baillot, Pierre-Marie François de Sales, Levasseur, C.M. Catel, and Baudiot. from Méthode de Violoncelle et de Basse d'Accompagnement...adoptée par le conservatoire impérial de musique. Paris, Janet & Cotelle, c. 1804. pp 1-6

This tutor, produced during the early years of what would become the Paris Conservatory, contains, in addition to the remarks below, an impressively comprehensive collection of cello excerpts from the chamber music of Haydn and Boccherini.

Le Violoncelle a par la nature de son timbre, l'étendue de ses cordes et celle de son diapazon un caractère grave, sensible et religieux. Il chante sans rien perdre de sa majesté, et lorsqu'il sert de régulateur dans l'accompagnement on sent au milieu de son austère influence (...) cherche-t-on à faire chanter le Violoncelle, c'est une voix touchante et majestueuse, non de celles qui peignent les passions et qui les allument, mais de celles qui les modèrent en élevant l'âme à une région supérieure. (...) Le Violoncelle est un instrument encore neuf, pour ainsi dire, puisqu'il n'a que très peu de musique de solo: le champ est vaste à parcourir; c'est au vrai talent à fournir la carrière (...)

On sait quel rôle intéressant joué la Basse dans la musique dialoguée des meilleurs maitres, c'est-à-dire dans les Trio et Quatuor. Mais il est un genre de composition que semble avoir été fait pour le Violoncelle, c'est le Quintetto tel que le célèbre Boccherini la conçu; en y faisant entendre cet instrument et comme partie d'accompagnement et comme partie récitante, il a su lui donner un double charme et devenir créateur dans ce genre comme Haydn l'a été pour la symphonie et Viotti pour le concerto: son style original, plein de grace, de fraicheur et de pureté, et d'une expression toute particuliere doit le fair citer comme un modèle pour ceux qui étudient le Violoncelle, et qui cherchent à lui faire parler son véritable langage dans les trois principaux mouvemens. (...)

Baillot proceeds to give examples of Allegro, Moderato, and Adagio characters using melodic excerpts from Boccherini's works.

Mais c'est dans l'Adagio que le Violoncelle a le plus de moyens pour émouvoir: rien ne surpasse le charme qui l'accompagne dans le musique de ce grand maître; s'il le fait chanter seul, c'est avec un sensibilité si profonde, un simplicité si noble, qu'on oublié l'art et l'imitation, et que, pénétré d'un sentiment religieux, on s'imagine entendre une voix céleste, tant elle a une expression étrangère à tout ce qui blesse le coeur; l'on dirait plutôt qu'elle cherche à consoler; s'il fait parler à la fois les cinq instruments, c'est avec une harmonie pleine et auguste qui invite au recueillement, qui jette l'imagination dans une douce rê verie, ou qui la fixe sur des tableaux enchanteurs; c'est la grâce de l'Albane, c'est la naïve sensibilité de Gessner; et lorsque changeant de style il prend une teinte sombre et mélancolique, il va droit au coeur par des moyens si doux, que les larmes coulent sans qu'on s'en aperçoive; s'il attriste, c'est pour mieux toucher; s'il semble ôter à l'âme toute sa force, c'est pour la réconcilier avec elle-mê me, pour apaiser le tumulte des passions, y faire succéder un calme délicieux, transporter dans un monde meilleur, et faire goûter les plaisirs de l'âge d'or.

EXAMPLE 10.

(...) Le compositeur pénétré de son sujet étend ou resserre ses idées dans un cercle plus ou moins grand; comme Mozart, il s'élève jusqu'aux cieux pour implorer un dieu elément [sic: clément?] en faveur des morts au jour de jugement dernier: comme Haydn, il embrasse d'un coup d'Œil la création entiere, il peint le génie de l'homme émané de la divinité, ou ramené vers la terre, il présente, comme Gluck, le tableau des passions qui nous agitent sur la scène du monde, ou bien enfin, choissisant un mois vaste théâtre et se repliant sur lui mê me, comme Boccherini, il cherche à nous rappeller à notre primitive innocence.


The Violoncello has, by the nature of its timbre, the length of its strings and the extent of its diapason, a grave, sensible, and religious character. It sings without losing anything of its majesty, and when it serves as regulator in the accompaniment one feels as if surrounded by its austere influence (...) Should one seek to make the Violoncello sing, it is a touching and majestic voice, not of those who polish the passions and stir them up, but of those who moderate them, in raising the soul to a higher region. (...)

The violoncello is still a new instrument, as it were, for as yet it has very little solo music: the field for traversal is vast, and it is for true talent to show the way (...) It is known what an interesting role the bass plays in the chamber music [musique dialoguée] of the best masters, that is to say in Trios and Quartets.

But if there is a genre of composition which seems to have been made for the violoncello, it is the Quintett as the celebrated Boccherini has conceived of it; in making that instrument heard as an accompanying part and a reciting part, he gives [the quintet] a double charm, and becomes a creator in this genre as Haydn has done for the symphony and Viotti for the concerto: his original style, full of grace, freshness and purety, and of an expression so particular that one might cite it as a model for those who study the violoncello, and who search to make it speak its virtual language in the three principal movements...

Baillot proceeds to give examples of Allegro, Moderato, and Adagio characters using melodic excerpts from Boccherini's works.

But it is in the Adagio that the violoncello has the greatest means of moving us: nothing can surpass the charm which it has in the music of this great master; if he makes it sing alone, it is with a sensibility so profound, a simplicity so noble, that one forgets all art and imitation, and, penetrated by a religious sentiment, one imagines one hears a celestial voice, one whose expression is a stranger to all that wounds the heart; one could say rather that she seeks to console; if all five instruments are made to speak at the same time, it is with a full, august harmony which invites one to recollection, which casts the imagination into a sweet reverie, or which fixes it upon enchanted tableaux; it is the grace of Albane, it is the naive sensibility of Gessner; and when changing style, it takes on a sombre and melancholy tint, it goes directly to the heart by means so sweet, that tears fall without our being aware of it; if he saddens, it is to touch us the more; if he seems to strip the soul of all its strength, it is to reconcile it with itself, to appease the tumult of passions, and to make a delicious calm follow; to transport us into a better world, there to taste the pleasures of the golden age.

EXAMPLE 10

The composer who has entered into his subject extends or restrains his ideas within a circle more or less great; like Mozart, he may raise himself almost to Heaven to plead with a merciful god for favor to the dead on Judgment Day; like Haydn, he may embrace all creation in one glance, painting the genius of Man emanating from the divine, or brought toward the earth; like Gluck, he may present the picture of the passions which agitate us upon the stage of the world; or, finally, he may choose a less vast theatre, and turn in upon himself; like Boccherini, he may seek to return us to our primitive innocence.